Rentrée bloguesque et pmesque

Je me rends compte que je me suis trompée de blog en postant cet article. Je le laisse quand même ici car j’hésitais justement à venir reposter sur le nouveau parcours PMA que nous entamons. Désolée en revanche pour les plaintes de la mère indigne que je suis devenue grâce à un premier parcours gagnant, j’espère que ça ne heurtera/serrera le cœur de personne.

Voilà voilà, une rentrée bloguesque un 2 novembre alors que j’ai envie de parler de plein de choses, on a vu mieux!

Je pourrais vous dire que c’est parce que ma vie est un gigantesque tourbillon et que je n’ai le temps de rien mais ça ne serait pas vrai.

La vérité c’est que ça fait 3 mois que je n’arrive plus à gérer efficacement mon temps, que je me noie régulièrement dans des verres d’eau et que régulièrement, tétanisée devant des sommes de petites choses à faire et des délais à tenir qui s’entre-croisent, je me réfugie dans la rédaction de longues to do list, le pointage et le repointage de mon agenda et la consultation compulsive de mon smartphone au détriment total d’une utilisation efficiente de mes journées.

Du coup ça en est arrivé à un point où j’ai fait une petite crise d’angoisse chez moi un soir. Crise qui heureusement est vite passée mais qui m’a quand même fait un peu flipper.

Et le problème c’est que j’ai beau avoir conscience que mon surmenage actuel n’est pas du à une charge de travail trop importante mais à une mauvaise gestion de mon quotidien, j’ai beaucoup de mal à m’en dépêtrer.

Ca vous est déjà arrivé?

Je crois que dans mon cas tout est parti des vacances qui ont été très sympas du point de vue des moments passés avec les amis et la famille, mais horribles sur le plan de la fatigue. Je crois qu’en l’espace de 3 semaines, j’ai plus craqué que depuis la naissance de  Nessie. Bon sang qu’est-ce que j’ai trouvé ça dur!

Bref, en tout cas et même si je n’ai pas encore réussi à me recentrer (on est en train de s’organiser un week-end sans enfant fin novembre, ça aidera peut-être #mereindignepower), ça me manquait trop de ne pas venir écrire ici.

Surtout que ça y est, les choses sérieuses reprennent puisque depuis mai dernier j’ai refait tout un tas d’examen en vue d’une nouvelle FIV (la routine de base: prise de sang, écho, hystero, irm).

La bonne nouvelle que c’est que ma réserve ovarienne est toujours au top.

La mauvaise nouvelle c’est qu’une de mes trompes s’est bouchée et qu’il va falloir l’enlever.

Le Grand Ponte de Cochin m’a en effet expliqué qu’outre un petit risque d’infection toujours présent, une trompe bouchée signifie une inflammation qui s’étend jusqu’à l’utérus et que de l’avis de l’ensemble de la globalité de la communauté scientifique mondiale internationale ça gêne l’implantation embryonnaire.

Vu l’utilité actuelle de mes trompes, j’ai répondu « oui » quand il m’a demandé avec le sens inné de la communication qui est le sien « ça vous va? » sur le même ton que mon coiffeur quand il me montre la longueur de cheveu qu’il va couper, car quitte à m’injecter de nouveau des produits douteux dans le sang, autant mettre effectivement toutes les chances de notre côté. Je me serais juste passée d’une AG et d’une hospitalisation supplémentaires mais comme dirait le sage « quand il faut, il faut ».

Ca sera certainement fait en janvier et puis on enchaînera pas trop vite sur une FIV au printemps pour, dans nos rêves les plus fous idéalement, un transfert en septembre comme pour Nessie (histoire de profiter de notre semaine de vacances sans enfant que nous programmons pour août #mereindignedoublepower) (oui vous avez vu je parle comme une C0 qui croit qu’elle va tomber enceinte à la 1ère FIV du premier coup).

Maintenant la grande question est de savoir si nous allons suivre notre médecin PMA, le Dr G., qui lassée de ne voir ses patients qu’une ou deux fois l’an, part dans le privé. Après avoir joué le jeu de l’hôpital universitaire pour 4 FIVs, nous sommes tentés de nous vautrer dans le luxe d’être suivi tout du long par un seul et même médecin. A voir.

Voilà pour les nouvelles. Maintenant je vais essayer de terminer mon article sur les vacances commencé début septembre! A très bientôt! #voeupieux

 

 

« La » place ingrate

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Petit billet d’humeur pas du tout pmesque

Ce matin, grave erreur, j’arrive au bureau, j’ouvre ma boîte Gmail et je me dis « Tiens, si je faisais un petit tour sur Facebook? ».

Et là je tombe sur cet article partagé par plusieurs de mes contacts (des enfants du « milieu » bien entendu), article que je trouve plutôt juste et bien tourné, mais qui a réveillé en moi une profonde douleur et un cri qu’il a fallu que je pousse.

« La » place ingrate. La bien connue. Celle que finalement tout le monde revendique au sein de la fratrie:

  • les aînés parce que les parents ont été plus durs avec eux. Parce qu’on en attend plus, parce qu’ils ont dû s’occuper des plus petits, parce que pour eux « tout va bien » alors que non pas toujours, parce que ce sont eux les médiateurs, eux les inébranlables,
  • les cadets ni aînés ni benjamins qui ne sont ni les premières, ni les dernières fois. Coincés entre les exploits d’adulte de l’aîné et les exploits de bébé du benjamin. Pas de place « tranchée »  mais celle du milieu où l’on étouffe,
  • les benjamins  les « chouchoutés », les « pourris gâtés », les « préférés ». Ceux qui ont volé leur place aux cadets et devront toujours s’en excuser. Qui doivent trouver leur place dans une fratrie déjà grande et qui a déjà bien évolué sans eux, qui ne seront ni la première, ni la deuxième fois mais la fois où cela devient franchement du déjà-vu.

Moi je suis la benjamine et aujourd’hui j’ai envie de hurler. Oui, moi, la « chouchoutée », la « pourrie gâtée », la « préférée ».

Pas parce que j’ai eu une enfance malheureuse. Non, pas du tout, car j’ai adoré mon enfance.

J’ai adoré avoir une grande sœur et des grands frères. Je les ai aimés et admirés, voulu être comme eux et ai aimé récupérer leurs vieux jouets si précieux. J’ai aussi adoré tous mes moments de solitude, créer mon monde et savoir me servir très tôt du magnétoscope parce que mes parents et bien au bout du quatrième enfant, ils en avaient besoin de leurs grasse mat’. J’ai adoré accueillir mon neveu, le premier de tous les petits enfants, avec toute l’effusion de la première fois, celle dont je savais que mes enfants ne bénéficieraient pas. J’ai adoré faire des allers et retours dans les villes où mes frères étudiaient, leur tenir compagnie avec mes parents les dimanches un peu glauques d’hiver, veilles d’examens importants et stressants. J’ai adoré tout ça.

Mais aujourd’hui, à 30 ans passés, voilà que l’on veut me faire payer cette place tant convoitée. Alors oui, je vous le dis, aujourd’hui c’est moi, la benjamine, qui ai « la » place ingrate. C’est moi qui ne me sens plus autorisée à parler de ma fille, de ma vie, de mes problèmes. C’est moi qui doit m’écraser voire même disparaître parce que les enfants du milieu disent aujourd’hui avoir du mal à exister, avoir besoin de place. Et à l’aîné qui a pourtant bénéficié de tous les lauriers des premières fois, on ne demande pas ça. Car lui n’a rien volé. Car lui est toujours le héros solitaire de de la fratrie.

Et je vous assure, j’en souffre. J’en souffre vraiment énormément. Et je ne suis pas la seule.

Alors aujourd’hui je lance un appel. Un appel à cesser la caricature. A ne plus mettre des gens dans des petites cases car ils sont nés telle saison, sont de tel signe, occupent telle ou telle place dans la famille et ont été prénommés de telle façon. A arrêter de comparer systématiquement. A apprendre à aimer ce que l’on a et cesser de reprocher à autrui ce qu’il a lui.

Non la vie n’est pas symétrique. Non un parent n’aura pas la même attitude à 26 ans qu’à 36. Non à un instant « t » on ne peut pas traiter de la même façon deux enfants qui n’ont ni le même âge, ni la même personnalité. Oui parfois partager c’est difficile et frustrant.

Mais est-ce que nous ne pourrions pas juste nous aimer bordel?

Post protégé

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Je viens de rédiger un post protégé.

J’avais un grand besoin de me défouler, de poser les choses aussi pour me permettre de réfléchir.

C’est un post fleuve avec du bitchage, des impressions d’écran et beaucoup de tristesse aussi parce que la naissance de Nessie n’a malheureusement pas suscité que des réactions positives dans mon entourage. Et c’est dur de constater que des proches puissent souhaiter que tu perdes le combat contre l’infertilité.

Si vous voulez le mot de passe, comme d’hab, envoyez moi un mail à fivplus4@gmail.com.

Bonne soirée à toutes

 

Un nouveau blog…

… non pas pour une nouvelle vie car si la naissance de Nessie nous comble de bonheur et a chamboulé notre quotidien, je constate avec plaisir que je suis toujours le Moi d’avant et que j’étais bien Moi avant Elle, n’en déplaisent aux nombreuses personnes qui tentent de te faire croire que tu n’es pas « complet » sans enfant.

Un nouveau blog néanmoins car malgré tout (et contre toute attente), j’ai envie d’échanger autour de la maternité qui est un puits sans fond de questionnements et de doutes.

Un nouveau blog aussi pour tenter de me départir de cette culpabilité que je traîne comme un boulet depuis cet heureux mois de septembre 2015, à base de « Pourquoi moi? Et pourquoi pas elles? ». Clairement il sera plus facile de m’en défaire si je sais que mes posts n’apparaissent pas dans la TL de copinautes qui, sur le moment, n’ont pas envie de lire des considérations portant sur le choix d’une poussette ou de la gestion des couchers d’un bébé.

Pour autant, je ne pense pas complètement abandonner ce blog car mon endométriose est toujours bien présente et il y aura sans doute un retour en PMA dans pas si longtemps que ça. Des choses à dire ici il y en aura donc des tas.

Mais désormais, ça se passera essentiellement ici si vous souhaitez avoir des nouvelles (avec un premier post sur mon séjour en enfer à la maternité).

Plein de bisous et de pensées

 

L’arrivée de Nessie dans nos vies

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Illustration de Max Ulichney

Je m’attelle enfin à la rédaction du post promis de longue date sur la naissance de Nessie.

Dans le dernier épisode, je vous expliquais avoir « échappé » à une césarienne programmée à  39 SA, Nessie s’étant finalement retournée à la dernière minute.

J’ai par conséquent pu bénéficier de quasi deux semaines de rab aux cours desquelles j’ai profité un max: des longues siestes, des heures et des heures de lecture, un peu de rangement pour aérer l’espace… le paradis. Je pense que ces deux semaines à attendre l’arrivée de notre bébé restera l’un des souvenirs les plus doux de ma vie.

Puis, à deux jours du terme, les contractions sont venues. D’abord légères et espacées en fin de matinée puis un peu plus violentes et rapprochées dans l’après-midi.

Grâce aux massages toniques de mon mari dans le bas du dos et aux positions apprises pendant les cours de préparation à l’accouchement, j’ai plutôt bien gérer les premières heures de contractions. Je me revois encore faire des allers-retours entre mes sacs de maternité, la salle de bain et la chaise contre laquelle je me mettais à quatre pattes en lançant le signal « Contraction! » à mon mari, le rire aux lèvres. Ca y était, nous allions enfin découvrir le visage de notre bébé!

Une fois que les contractions espacées de 5 minutes depuis une heure, nous avons commandé un taxi et filé à Necker.

Sur le chemin, aïe, je sens mes contractions s’espacer. Arrivés aux urgences l’impression se confirme au cours du monitoring: « C’est peut-être un début de travail mais peut-être pas, allez marcher une heure et revenez pour un nouveau contrôle ».

Et là, l’erreur fatale: « Et si nous allions faire un tour dans le quartier? Ca sera toujours plus sympa que faire des allers-retours dans le hall de Necker. » Bah voyons Georgette, à 22h et sous la pluie, quelle bonne idée!

A peine quelques mètres de fait: bam! Contraction hyper violente. Georgette s’accroche à une barrière métallique et serre les dents. Faut dire que se mettre à quatre pattes sur le bitume c’est pas très confort. Ca passe. Georgette dans sa grande sagesse continue son chemin vers la sortie. Bim! Nouvelle contraction super violente. Cette fois-ci Georgette s’accroche à un plot (et ne fait toujours pas demi-tour). Et re-bim! Et re-re-bim!  Bien avancée dans le quartier, Georgette s’accroche à son mari, fixe ses bottines noires se tortiller sur le trottoir mouillé et engueule sa moitié sensée tenir le parapluie tout en massant PLUS FORT! et PLUS BAS! son dos. Georgette commence à ne plus avoir de dignité. Elle pleure, elle dit qu’elle a mal, qu’il faut retourner à Necker.

Retour (difficile) dans le hall de Necker où Georgette s’accroupit devant les chaises en tentant pathétiquement de gérer ses contractions entre deux sanglots. Trop tard, ça fait déjà une bonne demie-heure que Georgette s’est laissée submerger par la douleur. Le mari de Georgette est assis et échange des textos avec un pote le sourire aux livres. Le salaud. Georgette l’engueule une nouvelle fois car il ne compte pas les contractions comme elle le lui avait demandé « Je te demande UNE chose et tu ne le fais pas, je ne peux pas compter sur toi, je suis seuuuule ». Georgette pleure. Bruyamment. Un futur père venu chercher un café au distributeur s’éclipse rapidement en jetant un regard apeuré vers Georgette.

L’heure est passée. Retour aux urgences: « Le col est ouvert à 3/4, vous allez passer en salle des naissances et avoir votre péridurale ». Rien que cette petite phrase a eu l’effet d’un puissant anesthésiant car je me rappelle plus avoir eu mal après.

A 1h du matin, Georgette, mon double diabolique, nous quitte. La péridurale est posée, je souris comme si je venais de fumer un gros joint et je présente mes excuses à mon mari. Lui est ravi, il a un super fauteuil dans lequel s’avachir, grand grand luxe à côté des pauvres chaises sur lesquelles il est resté des heures et des heures les jours de ponction.

Plusieurs heures passent pendant lesquelles nous dormons entre les visites des sages-femmes qui me font des injections d’ocytocine car la péridurale a ralenti le travail.

Vers 6h30,  on me dit qu’on commencera à pousser dans une heure à peu près. J’en profite pour me refaire un petit shoot car les doses de cheval d’ocytocine qu’on m’a injectées ont fortement accentuées les contractions qui recommencent à me faire souffrir.

20 minutes plus tard, le shoot a super bien fonctionné, je ne sens plus rien. Dommage parce que c’est justement à ce moment là que les sages-femmes reviennent: « Il faut commencer à pousser maintenant, le cœur du bébé commence à fatiguer, il va falloir tout donner ». Sauf que tout donner quand on ne sent plus rien bah ça reste très conceptuel.

J’ai donc tenté de pousser le plus fort que je pouvais pendant une demie-heure mais régulièrement je ne faisais en fait que bloquer l’air dans ma gorge. Je ne sentait rien de chez rien (ah si en fait je me sentais très très nulle!). La demie-heure passée, un interne est venu, a royalement ignoré la sage-femme qui lui réclamait une dernière poussée et a sorti la ventouse.

Tout s’est passé tellement vite que je n’ai pas eu le temps d’avoir peur. Quelques secondes plus tard on me posait sur le ventre, non pas une petite chose violacée au crâne déformé à laquelle je m’attendais, mais un beau bébé au teint frais et aux traits fins.

Nessie était née et elle était parfaite.

 

 

La rentrée

Rentrée

Désolée d’avance pour ce post très « problèmes de riche »

Ca y est, pour moi c’est la rentrée pour de bon aujourd’hui après une semaine de reprise progressive.

Nessie est chez son assistante maternelle et elle me manque à crever.

Mes règles sont revenues, les douleurs avec.

Une cliente vient de m’appeler pour me poser une question toute bête à laquelle je n’ai pas su répondre. Je crois que j’ai perdu les 3/4 de mes neurones aux cours des 4 derniers mois.

Je veux retourner sur mon canap’ en chemise de nuit allaiter Nessie devant Outlander Arte.

Depuis septembre 2015 je nage en plein bonheur mais là, aujourd’hui, je suis Dépression.

Bon courage à toutes pour cette rentrée 2016!

P.S.: il faut encore que je vous raconte l’arrivée de Nessie, promis je m’y emploie très vite!

P.S.2: la BD est issue comme d’hab de l’excellent blog de Sarah Andersen

 

Nessie est sortie des eaux…

Nessie

… il y a déjà 4 semaines.

Je me sens un peu honteuse d’avoir mis autant de temps à revenir ici annoncer la nouvelle à vous qui avez été un soutien incroyable quand je pensais que jamais nous ne deviendrions parents. Je me suis complètement laissée absorber par l’ouragan que représente l’arrivée d’un bébé. Un ouragan que je souhaite plus que tout à chacune, chacun d’entre vous de connaître.

J’ai entendu plusieurs femmes enceintes s’étonner qu’on leur souhaite une belle rencontre à la fin de la grossesse, trouver ça vraiment étrange comme terme mais pour moi ça en a vraiment été une (et quelle rencontre!).

Je m’étais préparée à ne pas trouver mon bébé beau, à mettre du temps à m’attacher. Mais quand on m’a tendu Nessie à l’issue d’un accouchement pas du tout physio mais qui reste un très beau souvenir, je l’ai trouvé si belle avec sa bouche charnue, son petit nez et les yeux bridés de son père. Encore aujourd’hui je trouve fou que nous ayons réussi à créer une petite chose aussi belle alors que la nature avait semblé décider que nous n’étions pas dignes de devenir parents (phrase sponsorisée par notre amie l’Objectivité).

J’essaierai de revenir dans pas trop longtemps vous raconter cet accouchement « maternité de niveau 3 » et vous parler de ces premières semaines partagées entre moments de purs bonheurs mais aussi gros moments de doute, crises de larmes et culpabilité (mais du regret, ah ça aucun!).

Je vous embrasse toutes très fort. Même si je suis peu présente ces dernières semaines, je continue à suivre assidûment mon fil WP et pense tous les jours à vous en espérant que DNLP vous lâche enfin les basques et que vous gagniez la guerre contre l’infertilité. Je vous envoie tout le soutien que je peux ❤ ❤ ❤